30 avril 2026
Longtemps dépendant du pétrole, le Gabon amorce aujourd’hui une transformation stratégique majeure de son secteur énergétique. Face au déclin progressif de sa production d’hydrocarbures, le pays adopte une approche à double détente : relancer l’exploration pétrolière, tout en préparant l’après-pétrole grâce au développement du gaz naturel liquéfié (GNL).
Par la Rédaction de Radio Ndougou
Première composante de cette stratégie : redynamiser la production pétrolière. Libreville cherche à attirer à nouveau les grandes compagnies internationales, en particulier dans l’offshore profond, considéré comme un levier clé de croissance.
Des discussions avancées sont en cours avec des majors comme BP et ExxonMobil pour signer des contrats de partage de production. L’objectif est de mobiliser leurs capacités financières et technologiques afin d’explorer des zones encore largement inexploitées.
En effet, près de 70 % du domaine offshore gabonais reste inexploré, ce qui laisse entrevoir un potentiel important pour renouveler les réserves.
Cette stratégie marque un retour assumé vers les grands acteurs internationaux. Mais les autorités sont conscientes que la signature d’accords ne suffira pas : tout l’enjeu réside dans leur traduction en investissements concrets et en découvertes commerciales.
Le virage stratégique vers le gaz naturel liquéfié
Parallèlement, le Gabon prépare activement sa transition énergétique en misant sur le gaz naturel, longtemps sous-exploité. Le pays ambitionne de devenir exportateur de GNL à l’horizon 2028, notamment grâce à un projet industriel structurant piloté par Perenco.
Ce projet repose notamment sur la transformation du terminal de Cap Lopez, historiquement dédié au pétrole, en hub gazier intégrant liquéfaction, stockage et exportation. Au-delà de l’export, cette stratégie vise plusieurs objectifs comme la la diversification des sources de revenus, la valorisation du gaz associé jusque-là brûlé (torchage), ou encore la réduction de l’impact environnemental. Le gaz apparaît ainsi comme un relais de croissance crédible, capable de prendre le relais d’un pétrole dont les perspectives à long terme restent incertaines.
Une stratégie hybride entre continuité et transition
La politique énergétique gabonaise repose donc sur un équilibre subtil. A court terme, maximiser les revenus pétroliers en relançant l’exploration offshore profond, à moyen terme, structurer une filière gazière compétitive, et à long terme, repositionner le pays comme acteur énergétique régional diversifié. Malgré ses ambitions, cette stratégie comporte plusieurs défis : attirer durablement les investisseurs internationaux, sécuriser les financements pour les infrastructures gazières, réussir la montée en compétence locale, et gérer la transition environnementale dans un contexte mondial de décarbonation.
Lire aussi : Gamba au cœur des enjeux énergétiques avec le lancement du champ « Grand N’Gongui »
Commentaires(0)