02 avril 2026
À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, ce 2 avril, Radio Ndougou est allée à la rencontre de Laurent Ladrée, expert en déficience intellectuelle et troubles du spectre autistique. Il revient sur les réalités du diagnostic, les enjeux de la prise en charge et l’importance de mieux comprendre ce trouble encore trop souvent méconnu.
Propos recueillis par Bélodie Mavioga pour Radio Ndougou
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Laurent Ladrée, ancien directeur d’un établissement médico-éducatif. Je suis aujourd’hui directeur du pôle médico-éducatif, professionnel et pédagogique à la Fondation Horizons Nouveaux, et expert en déficience intellectuelle et troubles du spectre autistique.
Quelle est aujourd’hui la réalité du diagnostic de l’autisme au Gabon ?
Des études existent, même si elles ne sont pas encore complètes. On observe globalement une prévalence similaire à celle des autres pays. Toutefois, plus le diagnostic sera précoce, plus on identifiera d’enfants concernés par les troubles du spectre autistique.
Quelles sont les priorités pour améliorer la prise en charge de l’autisme ?
La priorité est de mieux connaître la pathologie et ses conséquences, qui sont multifactorielles. Les causes peuvent être génétiques ou environnementales. Aujourd’hui, grâce à l’imagerie médicale, on comprend mieux le fonctionnement du cerveau dans l’autisme.
Il faut aussi rappeler que certaines particularités cérébrales peuvent entraîner des capacités surprenantes, mais que beaucoup de personnes présentent aussi une déficience intellectuelle associée. Celle-ci n’est pas réversible, mais des stratégies éducatives, notamment visuelles, permettent des améliorations.
Quels sont les principaux défis aujourd’hui ?
Que conseilleriez-vous à un parent qui suspecte un trouble chez son enfant ?
Il faut consulter rapidement. L’autisme ne se diagnostique pas seul. Même si certains signes apparaissent vers 2 ans, le diagnostic peut être posé plus tard. L’important est d’agir tôt, car une prise en charge précoce permet d’améliorer la situation de l’enfant.
Peut-on guérir l’autisme ?
Non, on ne “guérit” pas l’autisme. Mais on peut accompagner l’enfant, adapter son environnement et mettre en place des stratégies pour améliorer son quotidien et éviter qu’il souffre.
Quel message souhaitez-vous faire passer à l’occasion de cette journée mondiale ?
Les professionnels doivent travailler ensemble plutôt que se diviser. Il est essentiel d’accompagner et de former les parents, car l’autisme est une pathologie complexe qui nécessite une compréhension globale.
Mon message principal est d’aider les parents à mieux prendre en charge leurs enfants, car les conséquences peuvent être importantes si l’on n’est pas accompagné.
Un mot de fin ?
Je souhaite rendre hommage à Tante Alice Lamou pour son engagement et son travail remarquable au sein de la fondation. Son dévouement et sa passion ont profondément marqué ceux qui l’ont connue.
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